L’amour est-il un choix ?

Il y a une réaction à mon travail tout à fait récurrente à laquelle je réponds habituellement en trois lignes, je me suis si bien habitué à l’inefficacité de ce petit effort qu’il est devenu comme une seconde nature pour moi, comme ces gens qui parviennent à supporter l’inconfort de chaussures trop serrées plutôt que d’en changer.

Cette réaction est la suivante:

« Tu dis n’importe quoi l’amour c’est naturel, tout doit venir du coeur, on ne devrait pas avoir à faire des efforts sinon ça veut dire que quelque chose ne va pas et que c’est juste pas le bon. »  (je ne me suis pas embêté j’ai copié-collé un commentaire Youtube).

Beaucoup de gens se méprennent sur ce qu’est l’amour. J’ai souvent vu des hommes le confondre avec une attirance physique doublé d’un attrait pour l’image que représente à leurs yeux la femme encore méconnue qu’ils convoitent (le symbolique). L’expérience pourtant a rapidement démenti cet amour déclaratif.

L’amour ne se résume pas non plus à la passion amoureuse, cet état qui dure plusieurs mois au début d’une relation dans lequel on ressent une grande énergie ainsi qu’un cocktail d’émotions varié: joie, manque, euphorie, inquiétude, qui rend cette période plus intéressante que n’importe quel parc d’attraction.

L’amour à mon sens est une décision, un choix délibéré, celui de mobiliser une partie de notre énergie pour l’autre. Deux personnes qui décident de se fréquenter durablement, avec leurs personnalités différentes, leurs besoins différents, leurs aptitudes différentes (par exemple pour communiquer), leurs attentes différentes, leurs goûts différents : tout cela génère des frictions, des difficultés. L’amour c’est faire le choix de surmonter ces difficultés.

Bien des gens se représentent l’amour comme quelque chose qui leur arrive, qui leur tombe dessus, ou un état dans lequel ils se retrouvent malgré eux et sur lequel il n’ont aucun contrôle. C’est vrai pour l’attirance, mais très vite on est confronté au choix de transformer cette attirance en un rapprochement, soit en faisant des avances, des propositions, soit en les acceptant. Et c’est ainsi à toutes les étapes, un des moments les plus critique survient quand la passion amoureuse cesse, on fait alors le choix de continuer d’être amoureux d’une personne, en cela que l’on va continuer à s’investir pour faire progresser la relation et renforcer le lien et ce malgré le fait que l’on ne soit plus dingue de l’autre au quotidien et en ayant connaissance des différences que j’ai mentionné qui sont source de difficultés.

Ce choix peut être fait dans les deux sens. Dans ma vie j’ai déjà rencontré de nombreuses personnes passionnément amoureuse qui, pour X ou Y raisons (notamment religion différente, distance éloignée) ont fait le choix délibéré de ne pas transformer un sentiment en relation. À l’inverse on a tous en tête des exemples de couples qui se sont formés sur l’absence d’un intérêt fort pour l’un des deux au début. Il y a ce choix d’expérimenter de voir comment les choses évolueront.

On choisit qui on aime, puis nos actions nous font aimer qui on a choisit. Si l’on ne fait rien, ou plutôt si l’on décide de ne rien faire, il n’y a plus d’amour. L’amour est un choix et c’est ce qui le rend beau.

Le mot effort est connoté péjorativement avec la notion de contrainte, or dans la vie il y a des efforts que l’on aime produire ou dont le résultat est plaisant. L’effort physique pour des millions de personnes est source de bien-être, l’effort de se cuisiner un repas, l’effort fourni au travail quand on aime son travail. La relation demande bel et bien des efforts (posez donc la question aux jeunes parents) dans le sens ou il s’agit d’une mobilisation. La plupart du temps cette dernière coule de source car elle intervient dans le prolongement d’un choix (l’engagement) mais un rien peut suffire à la rendre astreignante, je pense notamment au stress d’une journée de travail difficile qui peut compromettre ce qui s’annonçait comme une agréable soirée en couple. Tout cela pour dire qu’une dangereuse désillusion attend celui ou celle qui envisage le couple comme un joli voyage en barque sur les eaux calmes d’un quelconque lac Suisse. Parfois, la météo change.

Pour prolonger la lecture je te propose de lire un chapitre de mon nouveau livre à paraître chez Hachette le 9 janvier.

JE VEUX RECEVOIR PLUS DE CONSEILS (GRATUIT)
Rejoins mes lectrices privilégiées, et comme elles reçois chaque mois des vidéos, du contenu exclusifs ainsi que les derniers articles de mon site.

1 Comment

  • Blessed
    15 mars 2019

    J’aime bien ce que Matthew hussey dit. On choisit pas par qui on est attiré mais on choisit de s’investir ou non. On a pas de contrôle sur nos émotions mais on en a sur nos actions.

    J’aime bien aussi Dale canergie quand il dit que « quand un couple fonctionne bien c’est que y a eu du boulot derrière ».
    Être en couple c’est s’engager à ramener la meilleure version de soi même pour soi et à l’autre . Les « viens on va boire un verre »/« viens on se voit », ça demande 0 effort.

Post a Comment